09.09.2008
A Swan in the Evening

"There was sadness in everything - in the room, in the ringing bird-calls from the garden, in the lit, golden lawn beyond the window, with its single miraculous cherry-tree breaking in immaculate blossom and tossing long foamy sprays against the sky. She was sad to the verge of tears, and yet the sorrow was rich, - a suffocating joy."
Quatorze pages plus loin, à propos de feux d'artifice :
"Oh Roddy, if only -! They're so brief. I wish they were never quenched but went on falling and falling , so lovely, for ever. Would you be content to burst into life and be a ten second marvel and then vanish ?"
A l'internat, la description de son amitié fusionnelle avec l'une de ses camarades de classe cache des sentiments plus forts : Judith est amoureuse, mais ne s'en rend pas compte. Héroïne sensibile et généreuse - j'ai eu l'impression d'être une intruse en lisant son histoire: la narration, comme souvent chez Lehmann, laissant grand place à l'identification (le pronom de la deuxième personne est utilisé durant des paragraphes entiers). Pour autant, on est loin d'un sentimentalisme à outrance, peut-être car le récit ne s'y prête jamais : l'action est parfois cruelle. Dusty Answer m'a beaucoup fait penser à Mariana de Monica Dickens, publié en 1940, mais l'oeuvre de Rosamond Lehmann est bien supérieure : dans son introduction à l'édition Virago, Jonathan Coe écrit "It will consume you entirely, transforming your whole inner life for the time it takes to read". Le mot-clé est ici consume : c'est un feu qui anime Judith et Olivia, celui d'une passion brûlante dont on sait qu'elle ne durera pas mais qu'on se plaît à dévorer des yeux en y croyant toujours.
17:24 Publié dans Littérature & Adaptations Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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